« Le nombre de personnes déplacées par la violence liée aux gangs dans la capitale haïtienne, Port-au-Prince, a triplé au cours des cinq derniers mois », selon un rapport publié par l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) rappelant que 17 mille personnes sont toujours déplacées à la suite du pire tremblement de terre de la décennie, qui a dévasté les régions du sud du pays en août 2021. 

Pas moins de 113 mille 582 personnes déplacées à l'intérieur du pays (PDI) en Haïti, selon l'évaluation, menée entre juin et août 2022. Parmi elles, 96 mille – soit 85 % - ont fui l'insécurité dans la capitale, due à la violence intergang, conflits gangs et politique, et aux troubles sociaux. 

La violence liée aux gangs dans la région métropolitaine de Port-au-Prince s'est traduite par du racket, des enlèvements et des actes criminels plus larges dans un contexte caractérisé par de profondes inégalités, des niveaux élevés de privation des besoins humains fondamentaux et un environnement sécuritaire fragmenté. 

Les quartiers où les niveaux de violence sont les plus élevés font souvent état de détresse économique, les récentes flambées des prix des denrées alimentaires et du carburant ayant encore déstabilisé des moyens de subsistance déjà précaires, rappelle OIM. 

« Des milliers de femmes, d'enfants et d'hommes ont été contraints de quitter leur maison pour chercher un abri loin de la violence et de la destruction », a déclaré Ulrika Richardson, coordinatrice résidente des Nations Unies en Haïti.

Un système d'alerte précoce sur les déplacements forcés mis en place par DTM montre que près d'un cinquième des quartiers de Port-au-Prince ont été touchés par des violences généralisées en juillet. Le rapport a été produit par la matrice de suivi des déplacements (DTM) de l'OIM, en coordination avec la Direction générale de la défense civile haïtienne.