Chauffeur du back-up du président, il entretenait des relations étroites avec Marie Jude Gilbert Dragon, l’un des cerveaux de l’assassinat du président Moise. Du faible effectif de policiers, du manque d’éclairage et de l’environnement problématique de ladite maison en passant par la pénurie d’armes et de munitions, on trouve un bon nombre de fallacieux prétextes qui sont évoqués par les policiers.ères chargés.es d’assurer la sécurité du président. 

Alors que celui-ci fut tué sans qu’aucun de ces 30 à 50 agents affectés à la garde de la résidence présidentielle ne soit égratigné. Une réalité digne des meilleurs films d’action de Hollywood.  

Il est plus qu'évident que « les policiers n’avaient nullement l’intention de sauver la vie de la famille présidentielle. Alors que, pour recevoir les gratifications pécuniaires des mains du président, ils avaient l’habitude de pénétrer sa résidence », a déclaré l’Inspecteur de police Alex Jean alias Carlo. 


Reportage 


« Konplo pi fò pase wanga », diraient les Haitiens.nes. La mort du président Jovenel Moïse était inévitable. Il serait tué, un jour ou l’autre pour la simple raison qu’en son sein même, il a eue des comploteurs. 

Par ailleurs, la situation des hauts fonctionnaires du Palais National testés positifs au coronavirus aurait contraint durant plusieurs jours le chef de l’État à s’absenter du Palais National. Sinon, en route, il serait pris dans une embuscade. Il se serait échappé en restant à la maison, pense peut-être le défunt. C’était bien compté, mais mal calculé. Puisqu’on envisageait de l'attraper à son retour du voyage de la Turquie en juin 2021. Le plan a été mal ficelé. Des mois avant, Felix Badio, l’un des cerveaux de l’assassinat de Jovenel Moise, a loué en face de la résidence du président une maison pour sa concubine. Des antécédents qui montrent, noir sur blanc, que la mort du président a été préméditée, mais surtout implique des acteurs et secteurs divers à l’intérieur et à l’extérieur du secteur sociopolitique et économique du président de facto Jovenel Moise 

Le chauffeur du président Moïse, l’antenne des mercenaires ! 

Selon l’haitiano-américain et interprète du groupe de mercenaires accusés dans l’assassinat du président Moise, James Solages, quelques instants précédant leur descente des lieux, son acolyte Joseph Félix Badio était renseigné en temps réel sur les mouvements de Jovenel Moise par Marie Jude Gilbert Dragon, un ami du commandant Dimitri Hérard, qui était en communication avec le chauffeur du président. Ce qu’a confirmé German Alejandro Rivera Garcia dit Mike.

« Dans le temps ayant précédé leur descente des lieux chez le chef de l’État, c’était ce Badio qui, à partir des signaux dudit chauffeur, jouait le rôle d’antenne pour le groupe sur la présence du chef de l’État à son domicile », dit-il. Tenant les mêmes déclarations que ses prédécesseurs colombiens, Juan Carlos Yepes Clavijo a toutefois ajouté que Joseph Félix Badio les avait rassurés qu’il était tenu informé des activités du Président Jovenel Moïse. « Son acolyte avait un informant au niveau de la résidence présidentielle qui le renseignait sur les actions du chef de l’État », rapporte-t-il à la police. 

« Après des communications tenues avec le chauffeur du président Jovenel Moïse informant sur ses mouvements en temps réel, le convoi a quitté le domicile de Dòdòf pour se diriger vers la résidence du feu chef de l’État », a certifié Victor Albeiro Pineda Cardona. Arrivé sur les lieux, de concert avec trois policiers haïtiens, il disait s’être employé dans la neutralisation des agents de police rencontrés à l’entrée de la voie menant au domicile du Président. 

Plusieurs mercenaires l’ont affirmé. La barrière principale donnant accès à la propriété de la victime n’était pas fermée le jour de l’attentat alors que des policiers qui étaient campés devant et derrière devaient s’assurer de la sécurité du président. « La barrière principale de la résidence du Président a été laissée ouverte par son chauffeur, tel qu’il avait été convenu avec Félix Badio Joseph en prélude à l’opération », a révélé Naiser Franco Cataneda qui a évoqué qu’au moment de l’attaque dirigée contre la résidence du Chef de l’État, il avait entendu des tirs nourris depuis l’intérieur du domicile de ce dernier. 

L’identité de la taupe révélée 

Marie Jude Gilbert Dragon a voulu se défaire, alors qu’il a été dénoncé par James Solages et Joseph Vincent comme celui qui était chargé de la conception des tags portant l’écriteau « DEA » devant servir dans l’attaque planifiée contre la personne du Président. Il a tissé des relations très étroites avec l’Inspecteur divisionnaire Jude Laurent, de la sécurité de la résidence présidentielle, plus précisément de l’Unité de Sécurité présidentielle (USP).

Ce chauffeur du back-up du Président a été, dans le passé, attaché à la sécurité rapprochée du nommé Marie Jude Gilbert Dragon, à l’époque où il était Commissaire de police. « Ces derniers sont de mèche et qu’ils ont échangé des communications dans le cadre de cette affaire », lit-on dans le rapport. De toute évidence, cette taupe ne pouvait être que l’inspecteur divisionnaire en question. 

Les colombiens Vargas Gomez Enalber, Gersain Mendivelso Jaimes, Juan Carlos Yepes Clavijo et Edwin Enrique Blanquicet Rodriguez, selon la police, ont au cours de leur interrogatoire fait tous état de la thèse qui sous-entend « qu’ils avaient retrouvé le Président déjà mort au moment de leur irruption brutale dans la chambre de ce dernier ». 

« Ces derniers ont voulu détourner les projecteurs en inventant cette thèse », critique le rapport de police qui ajoute que cependant, ce qu’ils ont omis de dire et qu’ils n’ont pas été en mesure d’expliquer, c’était comment ils ont pu franchir avec autant de facilité la barrière principale de la résidence de la victime qu’ils ont criblée de balles, depuis les véhicules en stationnement dans le garage, en passant par les murs de la maison jusque vers l’intérieur menant à la chambre du couple présidentiel. 

Étonnée par la spontanéité de l’attaque, la policière Esther Sylla, issue de la 25e promotion de police et affectée à la sécurité présidentielle de l’Unité CAT Team, persiste à croire qu’«’il y avait une taupe parmi eux qui communiquait des informations aux présumés assassins ».