Normalienne, journaliste et psychologue, la voix de l’Unité Hydro Météorologique (UHM) est connue pour son amour pour l’apprentissage et la connaissance. Une passion qu’elle partage avec les jeunes. « Il y a longtemps, nous avions toujours été aux côtés des jeunes et des enfants. Nous avons travaillé avec eux, leur conscientiser sur le fait qu’il n’existe d’autre chemin pour arriver dans la vie que l’éducation », précise Chrisnette Saint-Georges, s’enorgueillant de son engagement dans l’encadrement des jeunes pour construire l’avenir. 

« Aujourd’hui si tout le monde connaît Chrisnette Saint-Georges, c’est parce que j’ai eu un métier. J’invite les jeunes à emprunter ce chemin pour s’en sortir », a-t-elle déclaré. Ce projet de soutien aux jeunes est sur le point de se matérialiser à travers un centre de formation professionnelle qu’elle a mis sur pied. À en croire Mme Saint-Georges, ce centre doit répondre à un besoin. Celui de permettre aux jeunes de joindre les deux bouts dans un pays où il n’y a plus de modèle, il n’y a plus d’espoir. Changer la perception des jeunes, tel est le fil conducteur de ses actions. 

« Je me suis dit que si je me tourne vers les jeunes pour les sensibiliser, ils pourront voir la vie ou du moins la réalité d’une tout autre manière », dit-elle. C’est là qu’en 2018, elle a fondé le CMFP (Centre Moderne de Formation Professionnelle) ». Ce centre qui a pris naissance à l’Arcahaie, sa ville natale, distribue déjà 16 annexes à travers le pays dont l’un d’entre eux se situe à Tabarre 36. À côté d’une quinzaine d’options offertes dans son centre de formation, la responsable conçoit des ateliers permettant aux jeunes de se regrouper et se lancer en affaires. 

CMFP, un facilitateur d’opportunités ? 

La directrice générale présente son centre comme un lieu d’épanouissement, d’inspiration et de production. Des jeunes de tout âge se rencontrent pour partager leur passion, mais aussi pour évoluer ensemble dans une sorte de synergie. Mme Saint-Georges se dit consciente du fait que des jeunes ne veulent plus prendre part à des formations de longues durées, et pour cela, elle met à leur disposition des séminaires, des ateliers en maroquinerie, en couture, en cosmétologie, etc. Ces ateliers visent directement à doter les jeunes de métiers leur permettant de gagner leur vie, selon la responsable. 

« Nous venons ici de clôturer une formation sur la confection de sacs à dos. Nous avons remis des certificats aux jeunes. Mais cela ne s’arrête pas là. Nous allons faire des ateliers de fabrication afin qu’ils puissent commercialiser leurs produits et faire de l’argent », avance-t-elle. Cette formation de deux mois environ a permis à plus d’une quarantaine de jeunes des deux sexes d’acquérir des aptitudes et techniques nécessaires à la fabrication de sac à dos. Selon l’initiatrice, non seulement ces jeunes peuvent à partir de cette collation de diplômes, se spécialiser dans la commercialisation de valises, ils/elles sont prêts.es à intégrer le marché de l’emploi et travailler pour n’importe quelle entreprise. 

Par ailleurs, la directrice voit le CMFP de demain comme une grande famille coiffant plusieurs institutions s’évertuant entre autres, à aider les jeunes à monter leur entreprise et à trouver des prêts voire investir dans leurs projets afin de changer les données sociales. « On ne peut pas produire des jeunes qui déposent leur diplôme sans rien faire après la formation. Nous, on va les mettre ensemble. On va à la recherche de marchés pour écouler leurs produits », rassure Chrisnette Saint Georges. 

« Nous avons une entreprise de transformation de l’arbre véritable en crémasse. Nous travaillons à trouver des investisseurs afin de mieux produire pour le marché international », confie Mme Saint-Georges, exprimant la volonté de son entreprise à aller jusqu’à la transformation de l’arbre véritable en farine. « Nous avons aussi un deuxième atelier du nom de Christou-Store produisant différents modèles de vêtements. Nous allons mettre un troisième sur pied pour la fabrication de valises. Nous espérons trouver des contrats et des investisseurs pour la pleine progression des ateliers », conclut la directrice du CMFP. 

Outiller pour l’avenir …

Lors d’une cérémonie de remise de certificats organisée le 25 novembre 2022 au CMFP à Tabarre, nous avons rencontré Estella Noël. Une femme de plus d’une cinquantaine d’années. Elle n’a ni mari ni enfant. Mais elle croit que cette formation va l’aider à prendre soin d’elle-même et de certains proches. La dernière fois qu’elle a reçu un certificat, c’était en 1990. Plus d’une trentaine d’années plus tard, elle se réjouit d’avoir trouvé une nouvelle opportunité grâce à ces initiatives de Chrisnette Saint Georges. 

« J’étais très contente de participer à cette formation parce que j’avais besoin d’apprendre quelque chose de plus afin que je puisse faire route avec la vie. J’ai appris à faire cette valise, c’est une très belle chose. Elle est présentable à toute la société et elle peut permettre de voir un très bel aspect du pays et de notre culture », témoigne Mme Noël, souhaitant que le pays s’ouvre à la consommation de ces valises. 

Convaincue que cette initiative va augmenter les opportunités de ses activités de couturière actuellement en baisse, elle se dit prête à tirer le meilleur de son nouveau métier pour subvenir à ses besoins.  


Jean Robert Bazile